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 LE PARTI DES PANTHERES NOIRES

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REMI
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MessageSujet: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Lun 26 Juin - 11:05

LE PARTI DES PANTHERES NOIRES POUR L'AUTODEFENSE



Bobby Seale et Huey Percy Newton devant le quartier général du parti à Oakland en 1969...

Il vient de sortir un livre écrit par Tom Van Eersel qui retrace l'histoire de cette organisation, dont voici la présentation:

“Si tu me tires dessus, je te tire dessus”, annonce le Black Panther Party à la police d’Oakland en 1966. Inscrits dans l’histoire des mouvements d’émancipation noirs américains et partie prenante des luttes de libération des peuples opprimés, les Panthères noires passent de la théorie à l’action. Ils incarnent le réveil de l’homme noir face aux violences physiques et sociales qui l’accablent depuis des siècles. Ni intégrationnistes, ni séparatistes, leur objectif est la Révolution. Ils mettent en place des actions concrètes pour combattre la pauvreté et l’aliénation des populations noires des ghettos. Face à cet appel à renverser l’ordre établi, loin du folklore dans lequel on a voulu les enfermer, le gouvernement décide d’anéantir le Black Panther Party par tous les moyens nécessaires. Cette expérience révolutionnaire, souvent mal connue, reste un modèle pour les opprimés du monde entier.

Je vous propose donc de mettre dans ce topic tous les documents à ce sujet ainsi que débattre sur cette expérience révolutionnaire pour ceux qui le souhaitent ou ceux qui veulent savoir tout simplement...
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REMI
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Mar 27 Juin - 18:10

Le Parti des Panthères Noires fut fondé en 1966 (un an après la mort de Malcolm X) à Oakland (Californie), principalement à l'initiative de trois jeunes Noirs: Huey P. Newton, Bobby Seale, et Eldridge Cleaver.
Tout et à peu près n'importe quoi a été raconté au sujet de cette organisation. Nous publions donc ici l'intégralité du programme fondateur ainsi qu'un texte levant toute ambiguité concernant l'identité de ce mouvement.

Il faut également rappeller qu'il aura fallu toute l'énergie et la détermination du pouvoir américain, par le biais de sa police et du FBI pour anéantir politiquement et physiquement cette organisation qui disparaîtra de manière quasi-effective au tout début des années 70.

Le Parti des Panthères Noires s'inscrivait résolument dans la tradition révolutionnaire du marxisme-léninisme et constituait un exemple d'auto-organisation politique de la communauté Afroaméricaine.
C'est un exemple riche d'enseignements à la lumière des évènements actuels qui secouent nos quartiers en banlieue et une réponse à méditer quant à la nécessité de construire une réaction qui répondrait aux besoins organisationnels auxquels se trouvent aujourd'hui confrontés certains acteurs du mouvement associatif et politique dans nos quartiers de France.




OCTOBRE 1966

PARTI DES PANTHÈRES NOIRES
PROGRAMME ET PLATEFORME

CE QUE NOUS VOULONS
CE EN QUOI NOUS CROYONS


1. Nous voulons la liberté. Nous voulons le pouvoir de déterminer la destinée de notre communauté noire.
Nous croyons que notre peuple ne sera pas libre tant qu'il n'aura pas la possibilité de décider de son propre destin.

2. Nous voulons le plein emploi pour notre peuple.
Nous croyons qu'il est du devoir du gouvernement fédéral, de par ses responsabilités, de fournir à chacun un emploi ou un revenu garanti.
Nous pensons que si les hommes d'affaires américains ne veulent pas nous garantir le plein emploi, les moyens de production doivent alors leur être retirés et placés entre les mains de la communauté, afin que le peuple de celle-ci puisse s'organiser, employer tous ses membres, et leur fournir un niveau de vie élevé.

3. Nous voulons que cesse le pillage de la communauté noire par les Blancs.
Nous croyons que ce gouvernement raciste nous a volés, et aujourd'hui, nous exigeons l'arriéré de la dette de quarante acres et deux mules qui furent promis, il y a un siècle, à titre de dédommagement du travail esclaves et du meurtre massif de notre peuple.
Nous accepterons le paiement en espèces, et nous les distribuerons dans nos nombreuses communautés. Les Allemands aident aujourd'hui les Juifs en Israël à titre de réparation du génocide de leur peuple. Les nazis ont assassiné six millions de Juifs. L'Américain raciste a pris part à l'assassinat de cinquante millions de Noirs; voilà pourquoi nous considérons que notre requête est bien modeste.

4. Nous voulons des logements décents conçus pour abriter des êtres humains.
Nous croyons que si les propriétaires blancs ne veulent pas fournir logements décents à notre communauté, alors les logements et la terre devront être transformés en coopératives, afin que notre communauté, avec l'aide du gouvernement, puisse bâtir pour ses membres habitations correctes.

5. Nous voulons l'éducation de notre peuple, un enseignement qui nous apprenne la véritable nature de la société américaine décadente. Nous voulons un enseignement qui nous apprenne notre véritable histoire et notre dans la société d'aujourd'hui.
Nous croyons en un système d'éducation qui donnera à notre peuple la connaissance de lui-même. Si un homme ne se connaît pas, ignore sa place dans la société et dans le monde, alors il y a peu de chance pour qu'il s'intéresse à d'autres choses.

6. Nous voulons que tous les Noirs soient exemptés du service militaire.
Nous croyons que le peuple noir ne devrait pas être contraint à se battre pendant le service militaire pour défendre un gouvernement raciste blanc qui ne nous protège pas.

Nous ne combattrons pas, nous ne tuerons pas les autres peuples de couleur dans le monde, qui tout comme les Noirs sont les victimes du gouvernement raciste américain. Nous nous protégerons contre la brutalité et la violence de la police américaine raciste et de l'armée raciste par tous les moyens nécessaires.

7. Nous exigeons qu'il soit immédiatement mis un terme aux BRUTALITÉS POLICIÈRES et aux MEURTRES de Noirs.
Nous croyons qu'il est en notre pouvoir de faire cesser la brutalité policière contre la communauté noire, en organisant des groupes d'auto-défense qui auront pour tâche de défendre notre communauté contre l'oppression et la violence de la police raciste. Le Second Amendement de la Constitution des Etats-Unis d'Amérique donne le droit de porter des armes. Nous pensons en conséquence que tous les Noirs doivent s'armer pour l'autodéfense.

8. Nous voulons la liberté immédiate pour tous les prisonniers noirs détenus dans les prisons et pénitenciers fédéraux, d'État, de comté, et municipaux.
Nous croyons que tous les Noirs devraient être libérés des innombrables prisons, parce qu'ils n'ont pas été jugés en toute justice et en toute impartialité.

9. Nous voulons que tous les Noirs, lorsqu'ils comparaissent devant un tribunal, soient jugés par un jury composé de leurs pairs, ou par des gens issus de la communauté noire, comme le stipule la Constitution des États-Unis.
Nous croyons que les tribunaux devraient s'en tenir à la Constitution des Etats-Unis, afin que les Noirs soient jugés équitablement. Le Quatorzième Amendement de cette Constitution donne le droit à tout homme d'être jugé par ses pairs. Un pair est une personne d'un milieu économique, social, religieux, géographique, historique, identique et de même origine raciale. Pour le juger, la Cour sera obligée de sélectionner un jury dans la communauté noire d'où provient l'accusé noir. Nous avons été et nous sommes toujours jugés par des jurys composés uniquement de Blancs qui n'ont pas la moindre notion de ce qu'est la mentalité du Noir moyen dans la Communauté.

10. Nous voulons de la terre, du pain, des logements, un enseignement, quoi nous vêtir, la justice et la paix, et comme notre objectif principal: un plébiscite supervisé par l'Organisation des Nations Unies se déroulant dans la "colonie" noire, et auquel ne pourront participer que des sujets "colonisés", afin de déterminer la volonté du peuple noir quant à sa destinée nationale.
Quand au cours de l'histoire humaine, il devient nécessaire pour un peuple de rompre les liens politiques qui l'assujettissaient à un autre, et se faire parmi les puissances du monde la place de nation indépendante et à part entière à laquelle lui donnent droit les lois de la nature et du Créateur, le respect des opinions d'autrui exige que ce peuple fasse connaître les raisons qui l'ont poussé à la rupture. Nous tenons pour vérités premières que les hommes naissent égaux; ils ont été pourvus par le créateur de certains droits inaliénables parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Que pour sauvegarder ces droits, des gouvernements ont été institués parmi les hommes, qui détiennent leurs pouvoirs légitimes du consentement des gouvernés; que chaque fois qu'un type de gouvernement s'avère allerà l'encontre de ces fins, il est du droit des gens de le modifier ou de l'abolir, et d'instituer un nouveau gouvernement reposant sur des principes tels, et organisant ses pouvoirs d'une manière telle, qu'il paraisse plus mesure d'assurer leur sécurité et leur bonheur. La prudence, bien sûr, exige que les gouvernements depuis longtemps établis ne soient pas dérangés pour des raisons futiles et éphémères; et l'expérience montre effectivement que l'homme est plus enclin à souffrir, lorsque les maux sont supportables, qu'à user de son droit pour changer la situation quelle il est habitué. Mais quand une longue suite d'abus et d'usurpations, poursuivant invariablement le même objectif, montre la volonté gouvernement à exercer un despotisme absolu à l'encontre de l'homme, il est de son droit, il est de son devoir de détruire un tel gouvernement et de se donner de nouveaux garants pour sa sécurité future.
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REMI
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Mar 27 Juin - 18:16

POURQUOI NOUS NE SOMMES PAS RACISTES

Le parti des Panthères noires n'est pas une organisation raciste noire, et cela à aucun point de vue. Nous connaissons bien les origines du racisme. Notre ministre de la Défense, Huey P. Newton, nous a appris à comprendre qu'il nous fallait nous opposer au racisme sous toutes ses formes. Le parti a conscience du fait que le racisme est ancré dans une grande partie de l'Amérique blanche, mais il sait aussi que les sectes embryonnaires qui prolifèrent à l'heure actuelle dans la communauté noire ont à leur base une philosophie raciste.

Le parti des Panthères noires ne se place pas au niveau vil et bas du Ku Klux Klan, des "chauvins blancs" ou des organisations de citoyens blancs, soi-disant patriotiques, qui haïssent les Noirs pour la couleur de leur peau, même si certaines de ces organisations proclament "Oh, nous ne haïssons pas les Noirs, la seule chose, c'est que nous ne les laisserons pas faire ceci, ni cela! " Ce n'est en fait que de la basse démagogie, masquant le vieux racisme qui fait un tabou de tout, et en particulier du corps. L'esprit des Noirs a été étouffé par leur environnement social, cet environnement décadent qu'ils ont subi quand ils étaient esclaves et qu'ils subissent encore depuis la soi-disant Proclamation d'émancipation. Les Noirs, les Bruns, les Chinois et les Viêt-namiens, font l'objet de surnoms péjoratifs tels que crasseux, nègres, et bien d'autres encore.

Ce que le parti des Panthères noires a fait en substance, c'est appeler à l'alliance et à la coalition tous les gens et toutes les organisations qui veulent combattre le pouvoir. C'est le pouvoir qui, par ses porcs et ses pourceaux, vole le peuple; l'élite avare et démagogue de la classe dirigeante qui agite les flics au-dessus de nos têtes, et qui les dirige de manière a maintenir son exploitation.

A l'époque de l'impérialisme capitaliste mondial, impérialisme qui se manifeste aussi contre toute sorte de gens ici même en Amérique, nous pensons qu'il est nécessaire en tant qu'êtres humains, de lutter contre les idées fausses actuelles telles que l'intégration.
Si les gens veulent s'intégrer - et je présume qu'ils y arriveront d'ici cinquante ou cent ans - c'est leur affaire. Mais pour l'instant, notre problème, c'est ce système de classe dirigeante qui perpétue le racisme et l'utilise comme moyen de maintenir son exploitation capitaliste. Elle utilise les Noirs, et en particulier ceux qui sortent de l'Université et sont issus de ce système d'élite, parce que ceux-ci ont tendance à tomber dans le racisme noir qui n'est pas différent de celui que le Ku Klux Klan où les groupes de citoyens blancs pratiquent, il est évident que combattre le feu par le feu a pour résultat un grand incendie. Le meilleur moyen de combattre le feu, c'est l'eau parce elle éteint. L'eau, c'est ici la solidarité du peuple dans la défense de droit à s'opposer à un monstre vicieux. Ce qui est bon pour l'homme est bon pour nous. Ce qui est bon pour le système de la classe diricapitaliste ne peut pas être bon pour la masse.

Nous, le parti des Panthères noires, nous voyons les Noirs comme une nation à l'intérieur d'une nation, mais pas pour des raisons racistes. Nous le voyons comme une nécessité qui s'impose, si nous voulons progresser en tant qu'êtres humains et vivre sur cette terre en accord avec autres peuples.

Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Nous ne combattons pas l'impérialisme par un impérialisme plus grand. Nous combattons l'impérialisme par l'internationalisme prolétarien. Ces principes sont essentiels dans le parti. Ils sont concrets, humains et nécessaires. Ils devraient être adoptés par les masses.

Nous n'utilisons et n'avons jamais utilisé nos armes pour pénétrer la communauté blanche et tirer sur des Blancs. Tout ce que nous faisons, c'est de nous défendre contre quiconque nous attaque sans raison et essaie de nous tuer lorsqu'on met en pratique notre programme, qu'il soit noir, bleu, vert ou rouge. Tout bien considéré, je pense qu'en dant nos actions, tout le monde peut voir que notre organisation pas une organisation raciste, mais un parti progressiste révolutionnaire.
Ceux qui veulent semer la confusion dans la lutte en parlant de différences ethniques sont ceux qui maintiennent et facilitent l'exploitation des masses des pauvres Blancs, des pauvres Noirs, des Bruns, des Indiens rouges, des pauvres Chinois et Japonais et des travailleurs en général.

Le racisme et les différences ethniques permettent au pouvoir d'exploiter la masse des travailleurs de ce pays parce que c'est par là qu'il maintient son contrôle. Diviser le peuple pour régner sur lui, c'est l'objectif du pouvoir; c'est la classe dirigeante, une infime minorité
constituée de quelques pourceaux et de rats avares et démagogues, contrôle et pourrit le gouvernement. La classe dirigeante avec ses chiens, ses laquais, ses lèche-bottes, ses "Toms", ses Noirs racistes et ses nationalistes culturels, - ils sont tous les chiens de garde de la classe dirigeante. Ce sont eux qui aident au maintien du pouvoir en perpétuant leurs attitudes racistes et en utilisant le racisme comme moyen de diviser le peuple. Mais c'est seulement la petite minorité qui constitue la classe dirigeante qui domine, exploite et opprime les travailleurs.

Nous faisons tous partie de la classe ouvrière, que nous travaillions ou non et notre unité doit se constituer sur la base des nécessités concrètes de la vie, la liberté et la recherche du bonheur, si ça signifie encore quelque chose pour quelqu'un. Pour que les problèmes qui existent puissent être résolus, cette unité doit être basée sur des choses concrètes comme la survie des gens, et leur droit à l'autodétermination. En résumé, il ne s'agit donc pas d'une lutte raciale et nous en ferons rapidement prendre conscience aux gens. Pour nous, il s'agit d'une lutte de classe entre la classe ouvrière prolétarienne qui regroupe la masse, et la minuscule minorité qu'est la classe dirigeante. Les membres de la classe ouvrière, quelle que soit leur couleur, doivent s'unir contre la classe dirigeante qui les opprime et les exploite. Et laissez-moi encore insister: Nous croyons que notre combat est une lutte de classe et non pas une lutte raciale.


Extraits de "A l'affût - Histoire du Parti des Panthères noires et de Huey Newton" par Bobby Seale, Collection Témoins Gallimard, 1972 (édition française)
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Mar 27 Juin - 20:15

J ai lu récemment un recueil de Foner "Les Panthères noires parlent", le truc intéressant que j ai retenu c'est le problème déja très important à l 'époque du nationalsime noir culturel, où la Tribu KA en est un peu la suite, que les Panthères dénoncent férocement...sinon, y a aussi un p'tit passage rapide d'un latinos proche des panthères noires qui est conscient que parler de pouvoir noir, latinos, jaune...est une étape préliminaire, par dépit, pour fédérer les exploités et qu ensuite, il faudra faire prendre conscience à la masse que les intérêts de tous les prolétaires sont liés...voilà
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Mer 28 Juin - 19:05

Fred Hampton, le dirigeant du BPP à Chicago, avait à l'époque aider les latinos à fonder leur propre organisation de lutte. Il avait même commencé à se fusionner avec un des gangs de chicago. Les dirigeants du BPP pensait que l'avant-garde révolutionnaire viendrait du "lumpenprolétariat".



Fred Hampton "You can't kill revolution"
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Mar 19 Déc - 3:06

Une petite vidéo, en anglais malheureusement, sur Huey Newton.

https://www.dailymotion.com/visited/search/huey%2Bnewton/video/xifsc_huey-newton
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Ven 22 Déc - 15:38

lol! lol!


Dernière édition par sherk le Sam 23 Déc - 2:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 23 Déc - 0:20

sherk a écrit:
Une interview d'Angéla Davis ex blacks panthers.




Quel pays représente votre idéal révolutionnaire ?

Cuba. C’est extrêmement important de soutenir la révolution cubaine. Cuba a démontré qu’il était possible de créer une société qui réponde aux besoins de son peuple et pas aux besoins des entreprises.

Le régime de Fidel Castro est connu pour son absence de liberté et de démocratie...

Il y a des problèmes à Cuba, mais je ne pense pas que cela soit une raison pour nier ses réussites. La réalité, c’est qu’à Cuba chacun peut avoir une éducation. Que les gens n’ont pas à dépenser tout leur salaire pour arriver à se loger. Que Cuba a créé le meilleur système de santé de tout le continent américain. Je dirais aussi qu’à côté de Cuba, il faut regarder ce qui se passe dans certains pays d’Amérique latine ­ comme le Venezuela et la Bolivie : ils représentent, par de nombreux aspects, l’espoir.


http://www.liberation.fr/transversa...

T as pas plus t en empécher, coquin va Smile

Sinon ton lien, il marche pas...et si tu pouvai mettre les questions dans une forme de caractère genre italique histoire de mieux distinguer les questions-réponses, ce serait sympatoche...j'suis chiant hein ? afro
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 23 Déc - 1:50

Non j'ai pas envie de le faire.....Oui légérement chiant oui Very Happy

Et je ne vois pas ce que tu veus dire par(tu na pas pu t'enpécher)

J'ai juste mis une interview d'angéla davis sa na rien a voire avec le faite qu'elle soutient CUBA.
Ces parcequ'elle faisais partie des blacks panthers et que ces le sujet de ce topic.
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Michazl
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 23 Déc - 1:56

sherk a écrit:

J'ai juste mis une interview d'angéla davis sa na rien a voire avec le faite qu'elle soutient CUBA.
Ces parcequ'elle faisais partie des blacks panthers et que ces le sujet de ce topic.

Mais ne reste donc pas sur la défensive sherk. Même si ç'avait eu rapport avec le fait qu'elle soutienne Cuba, ça n'aurait pas été grave. Laughing C'est même interessant Smile
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Michazl
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 23 Déc - 2:02

Pour Hot...

Une interview d'Angéla Davis ex blacks panthers.




Avez-vous vraiment cru que la révolution allait arriver en Amérique ?

Absolument ! Oui, oui, oui... Il était important de croire que les changements révolutionnaires étaient possibles. D’ailleurs, nous ne devons pas sous-estimer les conséquences de nos luttes. Grâce à nous, beaucoup de choses ont changé : les Noirs, en particulier, ont maintenant accès à de nombreux secteurs de la société qui leur étaient interdits, même si on n’a pas réussi à faire les changements structurels. Aurions-nous pu gagner ? On ne gagne jamais, je ne pense pas que rien soit jamais accompli pour toujours, il faut perpétuellement continuer la lutte.

Aujourd’hui, vous vous dites encore révolutionnaire. Pour vous, le mot « révolution » n’appartient donc pas au passé ?

Je m’identifie toujours à la révolution. Avant tout, je m’identifie au mouvement contre la guerre en Irak, puis à tous ces mouvements qui tentent de montrer que « la guerre contre le terrorisme » de Bush représente le plus grand danger pour la paix et l’égalité dans le monde. Cette prétendue guerre contre le terrorisme n’a pas pour but de créer un monde plus sûr mais de renforcer la domination mondiale du gouvernement américain et des multinationales. Elle a conduit à la guerre en Afghanistan, à la guerre en Irak. Et à l’érosion des droits individuels en Amérique. Cette politique renforce le complexe carcéro-industriel américain et autorise la torture. Je m’identifie à tous les peuples qui essaient de faire barrage à ce gouvernement.

Quel pays représente votre idéal révolutionnaire ?

Cuba. C’est extrêmement important de soutenir la révolution cubaine. Cuba a démontré qu’il était possible de créer une société qui réponde aux besoins de son peuple et pas aux besoins des entreprises.

Le régime de Fidel Castro est connu pour son absence de liberté et de démocratie...

Il y a des problèmes à Cuba, mais je ne pense pas que cela soit une raison pour nier ses réussites. La réalité, c’est qu’à Cuba chacun peut avoir une éducation. Que les gens n’ont pas à dépenser tout leur salaire pour arriver à se loger. Que Cuba a créé le meilleur système de santé de tout le continent américain. Je dirais aussi qu’à côté de Cuba, il faut regarder ce qui se passe dans certains pays d’Amérique latine ­ comme le Venezuela et la Bolivie : ils représentent, par de nombreux aspects, l’espoir.

Avez-vous rencontré Hugo Chavez, le président du Venezuela ?

Non, pas encore, mais je suis impatiente de faire sa connaissance. J’ai prévu d’aller bientôt là-bas.

Vous avez quitté le Parti communiste en 1990. Qu’avez-vous ressenti à la chute du mur de Berlin ?

Il y avait de grands problèmes dans le monde communiste en particulier on avait échoué à l’installation de la démocratie dans différents pays qualifiés de socialistes. En même temps il est important de se souvenir que ces pays communistes l’Union soviétique, la République démocratique d’Allemagne et les autres pays socialistes ­ ont empêché un développement sauvage du capitalisme. Je pense qu’on peut être inspiré, instruit par toutes ces réalisations, par les expériences en socialisme dans l’ex-Union soviétique et à Cuba, qu’on peut y trouver des idées pour l’avenir. C’est pourquoi, même s’il n’existe pas de communauté de pays socialistes, il faut continuer à proposer le socialisme comme une alternative au capitalisme. C’est le seul moyen de répondre à la dislocation de la société, à la pauvreté, à l’analphabétisme, au manque de soins médicaux.

Donc vous êtes toujours communiste ?

Je ne suis pas membre du Parti communiste, mais je suis encore communiste. Oui, je me définis comme communiste, en insistant sur l’importance de la démocratie. Mais je ne pense pas qu’il y ait un seul modèle de pensée communiste, la théorie de Karl Marx reste très utile, mais elle ne peut pas nous indiquer comment construire le socialisme au XXIe siècle.

En 1970, le gouvernement de l’époque vous a traitée de terroriste. Que pensez-vous du terrorisme ou des terroristes ?

Je me méfie beaucoup du mot « terroriste ». D’abord, parce que c’est une terminologie raciste qui sert à mobiliser les gens contre les musulmans, contre les Arabes. Et, comme je le dis très souvent, cette terminologie est très similaire structurellement à la catégorisation de « communiste » pendant la période de l’anticommunisme de la guerre froide. Ce mot « terroriste » est un moyen, pour le gouvernement, de déployer une stratégie nationaliste.

Alors comment appelez-vous les responsables des attaques du 11 septembre contre le World Trade Center ?

On peut les appeler terroristes si on prend en considération en même temps qu’il y a aussi une terreur étatique. Je ne dis pas que les gens qui ont commis ces actes ne doivent pas être jugés responsables. Je ne soutiens pas les actions des gens qui se sont engagés dans ce type de violence, mais je ne soutiens pas non plus les actions du gouvernement qui s’est engagé dans ce type de violence. A la suite de 11 septembre, la « nation » est devenue le cadre de la solidarité, les gens étaient pressés de se réfugier dans leur « américanité » plutôt que de se sentir solidaires des pays du monde entier y compris ceux désignés comme « l’axe du mal ». Je suis préoccupée par la façon dont la situation a été utilisée et manipulée pour porter atteinte à la démocratie, justifier la torture et la guerre : c’est là mon souci principal. Il y a un grand débat ici sur le sort des prisonniers à Guantanamo et de la supposée guerre contre le terrorisme qui a servi de prétexte pour enfermer de nombreuses personnes sans preuve.


Vous avez fait partie des Black Panthers qui prônaient la lutte armée contre l’Amérique. Qu’en pensez-vous aujourd’hui ?

Il faut se rappeler comment cette organisation des Black Panthers s’est créée, à la fin des années 60 et au début des années 70. C’était une réponse à la violence policière, à la brutalité de la police d’Oakland en Californie. Les leaders des Black Panthers (Huey Newton et Bobby Seale) ont alors inventé des formes d’action nouvelles, dramatiques, pour attirer l’attention sur le problème de la répression policière. Ils ont commencé à patrouiller dans les rues d’Oakland en utilisant le fusil comme le symbole du droit des gens à se protéger du harcèlement de la police, ils brandissaient des armes pour exprimer le désir de résistance. C’était comparable au mouvement pour les droits civiques (civil rights movement) du début des années 60, contre la ségrégation des Noirs dans le Sud, mais avec une forme d’intervention différente, plus dramatique. Cela a marché, la réaction a été énorme. Cela a suscité un mouvement de masse pour la révolution noire. Je peux dire qu’on n’a toujours pas réglé le problème de la brutalité policière ni le problème des emprisonnements de masse. La question des prisons s’est même aggravée d’une façon qu’on n’avait pas prévue : il y a actuellement 2,2 millions de prisonniers aux USA, dont une grande majorité de Noirs et de gens de couleur. De nombreuses organisations travaillent sur les prisons et sur les conditions de travail qui sont un problème plus important que la brutalité policière. A la fin des années 60 et au début des années 70, on était dans le contexte global de la lutte contre le capitalisme, des mouvements d’indépendance et de libération en Afrique et dans les Caraïbes, en Amérique du Sud. En 1959, la révolution cubaine avait été l’étincelle pour ces mouvements de libération. Aujourd’hui, le contexte global est radicalement différent.

Pour vous, la situation des Blacks ne s’est pas améliorée depuis les années 60 ?

Certaines choses ont progressé, d’autres sont bien pires. Le racisme structurel, la façon dont les institutions perpétuent le racisme est plus dévastateur qu’à l’époque. Bien sûr, beaucoup de barrières sont tombées pour de nombreux Noirs et gens de couleur, mais cela a surtout profité à la bourgeoisie, les progrès n’ont pas touché l’ensemble de la communauté noire où on trouve plus de pauvres, plus de détenus, plus de gens avec des problèmes de santé mentale. C’est ce que j’appelle le racisme structurel.

Les Américains ont inventé la politique des quotas, la discrimination positive pour aider les minorités et les femmes. Cela n’a pas marché ?

Si, cela a permis aux Noirs, aux femmes et à d’autres communautés d’avoir accès à des métiers qui leur étaient interdits, de pénétrer dans le système éducatif malgré le racisme. Mais ce n’était qu’un petit pas dans la bonne direction. Et l’extrême droite attaque cette politique de discrimination positive, beaucoup de ces programmes ont été démantelés, en particulier ici en Californie. Dans le contexte de la mondialisation, de la désindustrialisation aux Etats-Unis, les Noirs ne peuvent plus trouver du boulot dans l’acier, l’automobile. C’est pourquoi l’une des alternatives pour les pauvres qui veulent faire des études, avoir un travail, une couverture médicale, c’est l’armée. Les deux institutions centrales dans la politique économique américaine sont maintenant le militaire et le système carcéral : ceux qui n’ont ni emploi, ni maison, ni sécurité sociale finissent en prison ou à l’armée. On a des lois qui interdisent la discrimination, l’attitude raciste ne peut plus s’exprimer publiquement, mais il reste le racisme structurel dans la société.

Une femme, une Noire, Condoleeza Rice, est secrétaire d’Etat et sera, peut-être, candidate à la présidence des Etats-Unis. Etes-vous contente ?

Je ne pense pas que cela fasse une différence qu’elle soit une femme ou une Black. Je trouve plus important le fait que sa politique représente le pire du militarisme, de l’impérialisme et de la guerre.

Les Latinos, première minorité aux Etats-Unis, réussissent mieux que les Noirs. Est-ce parce qu’ils ont choisi de venir en Amérique alors que les Noirs ont été amenés comme esclaves ?

Les Hispaniques choisissent de venir dans ce pays, mais leur choix est souvent poussé par l’économie de leur propre pays exploité par les sociétés américaines. Je pense que le mouvement des immigrés est le nouveau mouvement des droits civiques, l’un des plus importants aujourd’hui. Il doit être soutenu par tout le monde, y compris chez ceux qui, parmi la communauté noire, croient en la justice et l’égalité. Le mouvement des immigrés et le mouvement contre la guerre en Irak sont les plus importants.

Le Peace Movement contre la guerre en Irak est très minoritaire, rien à voir avec les grandes manifestations contre la guerre au Vietnam...

Le mouvement contre la guerre au Vietnam a commencé aussi par de très petites manifestations et a grandi. C’est ce qui se passe contre la guerre en Irak. Il y a une vraie réaction contre la guerre chez les soldats, qui désertent, refusent d’aller en Irak, sont traînés devant des cours martiales. C’est similaire.

Vous vivez en Amérique, à Berkeley en Californie, vous être professeure à l’université, vous enseignez dans les programmes d’études féministes. Y a-t-il quelque chose que vous trouvez positif en Amérique ?

Je m’identifie à l’ « autre Amérique » et c’est très positif pour moi. C’est le mouvement contre la guerre, ce sont tous les gens dans ce pays qui veulent la justice et la paix dans le monde. Je milite dans des organisations pour aider les femmes en prison, dans un comité pour la démocratie et le socialisme, qui regroupe d’anciens communistes, et dans d’autres mouvements. Mais, évidemment, je ne m’identifie pas au gouvernement américain.

« Free Angela Davis » : le poster du magnifique visage à la coiffure afro-américaine a fait le tour du monde. Angela Davis, communiste, militante du Black Panthers, avait été condamnée en 1970 pour avoir comploté contre l’Etat, accusée d’avoir participé à une tentative d’évasion des chefs des Panthères noires. Libérée après seize mois de prison, celle qui soutenait la lutte armée contre le capitalisme et l’impérialisme est devenue une respectable professeure à l’université de Berkeley (Californie). Mais elle ne regrette rien de ses engagements passés et continue à militer sur la même ligne, comme en témoigne le recueil d’entretiens publié aujourd’hui (éditions Au diable Vauvert) au titre significatif : les Goulags de la démocratie.


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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 23 Déc - 2:27

Merci bien mil Wink
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sherk
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 23 Déc - 2:35

Michazl a écrit:
sherk a écrit:

J'ai juste mis une interview d'angéla davis sa na rien a voire avec le faite qu'elle soutient CUBA.
Ces parcequ'elle faisais partie des blacks panthers et que ces le sujet de ce topic.

Mais ne reste donc pas sur la défensive sherk. Même si ç'avait eu rapport avec le fait qu'elle soutienne Cuba, ça n'aurait pas été grave. Laughing C'est même interessant Smile

Ta pas conpris que je déconnais?Je l'avais exprés en faite et je trouvais sa intéréssant a signalé

Et désolé de pas avoir mis en italique mais(je ne sais pas vraiment le faire)
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 24 Fév - 12:12

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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 24 Fév - 23:30

ah oué, ce mec il est géant quoi, je kiffe trop
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sherk
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MessageSujet: Re: LE PARTI DES PANTHERES NOIRES   Sam 2 Juin - 9:46

Une interview d'Angela Davis:






Quel regard portes-tu sur la révolte des jeunes des banlieues populaires en France ?

Elle a de grandes similitudes avec les révoltes qui se produisent dans les ghettos aux Etats-Unis. Les dernières émeutes importantes ont eu lieu en 1992 à Los Angeles et étaient basées sur le même sentiment de frustration chez les jeunes noirs américains. On s’aperçoit que le racisme y est pour beaucoup. Aux Etats Unis comme en France ces « troubles » ont les mêmes origines et nécessitent le même type de réponse même si des différences existent, du fait des histoires différentes des ghettos US et des banlieues françaises. Les jeunes exigent du changement social et la fin de la « ghettoïsation » et des discriminations envers les communautés de l’immigration post-coloniale. Aux USA, c’est la fin d¹un système issu de l’esclavagisme qui est demandé par les jeunes des ghettos. Ces révoltes ne sont pas isolées de la lutte globale que des millions de gens mènent tous les jours. Comme la situation économique, politique et sociale, dans les quartiers populaires est une conséquence directe des politiques du FMI ou de la Banque Mondiale, les révoltes spontanées de nos frères des quartiers sont aussi une réponse à ces politiques. Comme les dirigeants ont une stratégie globale pour contrôler le monde, nous devons nous aussi en développer une et la révolte des ghettos doit en faire partie.

Ce que montre toutes les révoltes qui prennent la forme d’émeutes c’est la faiblesse des directions politiques. Lors des émeutes de Watts, en 1965 aux USA, c’était extrêmement clair pour n’importe quel Noir américain qui participait au mouvement des droits civiques de près ou de loin depuis plusieurs années. Ces émeutes avaient eu une issue positive avec la création du Black Panthers Party, en 1966, qui était un outil pour tous ceux qui voulaient se servir de leur frustration comme d¹une arme politique.

Tu as passé du temps en prison dans les années 70 et aujourd’hui, tu t¹engages particulièrement dans la lutte contre le système de détention et la peine de mort aux USA. Quelle est ton analyse à ce sujet ?

C’est le sujet de mon prochain livre, notamment à partir du Patriot Act. L¹industrie d¹armement et les institutions militaires sont des éléments centraux de l’économie américaine, en liaison avec les entreprises, les médias, les élus et la haute hiérarchie militaire. Là-dedans, les prisons sont devenues une donnée essentielle de l’économie américaine. Aux USA, il y a 2 millions de personnes emprisonnées, c¹est donc bien une politique volontariste d¹enfermement qui sévit. Cela rentre dans un fonctionnement économique et politique complexe mais qui se construit depuis longtemps et qui est issu du système esclavagiste où l’on privait les gens de leur liberté pour exploiter leur force de travail. La punition et la privation de liberté sont des armes historiques aux Etats-Unis, tant sur le plan économique qu’idéologique. Cela permet de développer la peur, la normalisation des esprits et le racisme. Aux USA, on peut parler de « complexe industrialo-cancéral ». Au niveau international, la politique américaine est aussi largement basée sur ce concept de punition, d’écrasement : la politique de torture à Abu Ghraib ou Guantanamo est directement issue de la gestion intérieure des prisons US et de la politique intérieures des USA en matière de racisme. La place de l’industrie carcérale devient de plus en plus importante dans l’économie mondiale. A travers elle et grâce à elle, c¹est toute une idéologie qui est prise comme modèle et c’est face à cela qu’il faut construire un grand mouvement contre celui qui l’incarne : Bush. La guerre contre le terrorisme qu’il a lancée a été un tremplin pour développer cette politique et cette idéologie mais, aujourd’hui, après les révélations que Katrina a permi sur le racisme, le tout-sécuritaire et la chasse aux pauvres, cet homme est très affaibli. Nous devons continuer.

Tu parles de l’esclavagisme comme d¹une logique économique et idéologique encore dominante aux USA. Quel est ton avis au sujet de la loi du 23 février 2005 qui réhabilite, en France, le colonialisme ?

Le racisme monte. Aujourd’hui, vous êtes sous Etat d’urgence et, je me souviens de ce que cela signifiait en 1961, alors que j’étais à Paris pour mes études : les Algériens étaient victimes d’un racisme qui m’avait fait penser au système ségrégationniste américain. Dire aujourd’hui que la colonisation ait pu avoir un rôle positif est abject et raciste. Malheureusement, ce que cela montre c’est que la poussée de l’extrême droite est aussi une réalité en France et pas seulement aux USA. De plus, toute la politique française semble empreinte de racisme, c’est une question qui va être importante à résoudre pour tous ceux qui veulent un changement social.

Stanley « Tookie » Williams a été exécuté par injection lundi dernier (12/12 ndlr) en Californie. A tous ceux qui demandaient sa grâce, Schwarzenegger, gouverneur de l’Etat, a déclaré qu’il ne pouvait gracier un homme qui avait dédié ses mémoires à des gens comme Angela Davis, Georges Jackson, Malcolm X, Nelson Mandela, etc. Après une telle déclaration, l¹exécution de Tookie Williams devient un véritable acte politique contre le mouvement Noir, non ?

Cette exécution m’a énormément touchée. Depuis que Tookie a été condamné à mort, en 1981, une grande campagne de solidarité s’est développée aux USA. J’étais à la prison lundi et j¹ai assisté à la déclaration de Schwarzenegger. C’est la première fois qu’un condamné est exécuté alors qu’une telle campagne a été menée. Nous ne pensions pas qu’ils feraient l’injection parce que le cas de Tookie a relancé la polémique sur la peine de mort. La fin de sa déclaration disait qu’il ne pouvait gracier quelqu’un qui prônait la violence comme programme politique. La peine de mort s’est révélée comme l’outil politique violent qui sert de réponse aux problèmes de la société que soulevaient, concrètement et symboliquement, Tookie. C¹est effectivement un acte politique de la part de Schwarzenegger contre le mouvement international pour la libération noire et son histoire surtout qu’il a également cité Nelson Mandela. Schwarzenegger l’a cité comme une personne dont on ne peut parler comme un héros alors que cet homme est un héros pour la majorité des peuples du monde entier. En citant Mumia Abu Jamal et d’autres personnes qui incarnent aujourd’hui l’insoumission, il fait un procès à toute la résistance à sa politique qui est la même que celle de Bush. C¹est là qu’il montre le lien qui existe entre la peine de mort et la guerre contre le terrorisme.

Tu te définis comme une militante féministe. Que signifie être féministe aujourd’hui et quelles sont les tâches actuelles du mouvement féministe ?

Ce sujet me tient beaucoup à coeur. Mais je te préviens, ma définition du féminisme n’est pas très conventionnelle. Je vois le féminisme comme un outil, pas seulement pour aborder les questions femme mais pour aborder toutes les questions politiques sans être déterminé par les frontières idéologiques établies par le système capitaliste. Par exemple je n’ai aucune lutte ou analyse commune à développer avec Condolezza Rice qui est pourtant une femme noire comme moi. Pour moi, il faut penser ensembles le genre, la race, la sexualité et la classe. Il ne faut pas considérer comme séparés dans les luttes, les problèmes des hommes et ceux des femmes.

Le féminisme est pour moi un outil d¹analyse qui me permet, par exemple, de faire le lien entre la peine de mort aux USA et la guerre contre le terrorisme. De considérer le rôle des femmes comme le même que celui des hommes et surtout de nous sortir des schémas du système qui nous pousse à nous identifier à une catégorie sexuelle, raciale ou autre qui ne permet pas de résoudre la contradiction dans laquelle je suis face à Condolezza Rice. Logiquement, et c¹est une bataille féroce dans le mouvement féministe, je suis contre les schémas du féminisme se réclamant de l’« universel », de la lutte dans l¹intérêt de toutes les femmes. En effet, dans ces cas là, « universel » veut dire « blanche » et, cela n¹est donc absolument pas universel. Je puise cette analyse dans le mouvement féministe historique et surtout dans le marxisme. Mon objectif est de construire le socialisme et le marxisme est l¹outil qui permet cela dans la vie et les luttes de tous les jours.

Aujourd’hui encore, interviewer Angela Davis est un événement pour n’importe quel militant parce que tu fais encore partie, après des années et des années, du camp de ceux qui luttent contre ce système. Quel est ton moteur ?

Je ne suis pas une icône, je suis comme n’importe quel individu qui lutte mais, si une image me colle à la peau c’est celle du mouvement Noir. Si c’est ça qui fait d’une rencontre avec moi un événement alors c¹est que la lutte que nous avons menée pendant des années est toujours une inspiration pour la jeunesse d’aujourd’hui et que nous n’avons rien fait en vain. C’est cette jeunesse qui est mon vrai moteur depuis des années. Ça l¹a toujours été, même lorsque j¹étais jeune moi-même. Aujourd’hui, on assiste à une grande effervescence intellectuelle et politique chez une jeunesse qui réinventer des stratégies originelles et créatrices pour changer le monde, c¹est ça qui me porte. Cette jeunesse veut changer le monde et le socialisme a besoin de ces luttes pour se construire. Mon objectif n’a pas changé et la jeunesse est plus révoltée et plus créative que jamais. C’est elle qui me permet de continuer à avancer.

Propos recueillis par Sarah [Saint Denis]


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